Revoir (fragm. 1)

Dire un mot, écrire un mot pour l’entendre. Ai-je quelque chose à voir avec ce mot ? Ne pas savoir, laisser le mot au repos un instant, laisser le mot errer seul au milieu de l’histoire, revenir plus tard peut-être.

Pas dans la neige, trace des ombres, le sale des semelles.

Et pourtant je ne redoute plus ta mort, et pourtant je ne redoute plus tes réapparitions, et pourtant serait là, vieille statuette sévère, dressée noire et brillante et nue au fond du silence.

C’est le soir, c’est le début de l’hiver, c’est l’heure des ombres qui bougent et du soir qui glisse doucement, avale la lumière dans les trous du ciel, les oiseaux invisibles, on ne sait pas vers où disparus.

J’attends. Le parquet craque dans le couloir. J’entends une porte refermée doucement.

Et pourtant je ne redoute plus ta mort et ce qu’il advint de ta vie ne m’effraie pas non plus.

Les restes seuls, les restes seulement, oui.

mardi 4 septembre 2012, par Sereine Berlottier