#5 Avril (ne pas compter les jours)

Ne pas compter les jours.

A l’ombre de ce que nous savons.

A l’ombre de ce que nous ne savons pas.

Quelqu’un traverse.

Attendons.

Une inconscience est au principe de cette approche.

Mais pas plus vite que la musique.

Et souplement, inattentive.

De moins en moins d’objets, mais de plus en visiblement esseulés, dispersés, révélés et abandonnés dans le même mouvement.

Opacité, peut-être, mais éclairante.

Quelqu’un chante.

Ce n’est pas une métaphore. (Pas une promesse non plus.)

La fatigue est réelle.

A.P. écrit : « Où cette écriture la conduit-elle ? Au noir, au stérile, au fragmenté. »

Séparer l’anecdotique de l’essentiel.

Remplir des sacs poubelles, si lourds qu’on ne pourra de toute façon pas les porter, ni même les traîner d’une pièce à l’autre.

Traces charnelles.

Les enfants séparés écrivent des lettres tendres et pressées, cernées de fleurs et de cœurs pacotilles.

Il n’y a plus ici, pour chaque secret, que le noyau d’une rencontre manquée.

Pas de clôture, puisqu’il reste à relire encore.

Au-dessus de l’épaule de celle qui n’a plus à répondre de rien.

mercredi 3 avril 2013, par Sereine Berlottier