#3. A un moment donné

A un moment donné, dit l’un, il faudra appuyer.

A un moment donné, dit l’autre, tu bascules, tu fais la bascule.

A un moment donné, ajoute l’observateur silencieux, n’imagine pas qu’ils seront nombreux, je veux dire à savoir, à regarder. Une poignée de visages peut-être.

C’est possible, ça, une poignée de visages ?

(Ça commence bien.)

C’est vraiment un problème avec toi.

C’est plutôt, qu’en général, le bouton, ce n’est pas toi qui appuies.

Et qui alors ?

Si ça ne tenait qu’à moi.

Comment on peut faire ?

Quoi ?

Cette bascule.

Et sinon ?

Mais dans l’ombre.

Et puis quoi encore ?

En chuchotant ?

Et pourquoi pas.

C’est quoi le problème ?

(Un quatrième. Il s’avance, regarde l’écran. Il porte des lunettes. Pourtant il cligne des yeux.)

Mouui.

Je n’aime pas trop le titre.

Et cette image, c’est quoi ?

Je raconterai.

(Pause. Changement de rubrique. On n’entend plus que le bruit des doigts sur le clavier.)

Au fond, je ne m’explique pas pourquoi c’est si difficile.

Violent ?

(Hésitation, mais légère.)

Secrètement ?

Oui, malgré la bascule.

Bien qu’il soit si facile de franchir.

D’ouvrir le champ.

Alors qu’ailleurs un autre s’en charge.

C’est ça.

On tourne, on ouvre, on referme.

Quelqu’un corrige.

Ici, non ?

C’est un peu court comme explication.

C’est très long.

Il s’agit de la manière dont je ne suis plus là.

Tu n’y seras pas ?

Non.

Ah.

(Ça commence bien. Coda.)

dimanche 18 novembre 2012, par Sereine Berlottier